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 Familles nombreuses, je vous aime

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Nombre de messages : 375
Date d'inscription : 20/04/2006

MessageSujet: Familles nombreuses, je vous aime   Dim 25 Juin - 2:42

Citation :
Vers une révolution conservatrice : La famille revient !

http://www.courrierinternational.com/hebdo/sommaire.asp?obj_id=506


Familles nombreuses, je vous aime
Face à la baisse de la natalité, intellectuels et médias allemands s’enflamment soudainement pour vanter les vertus de la cellule familiale et la supériorité des mères dans la société. Une approche très controversée.
La famille est à la mode. C’est désormais au tour de Frank Schirrmacher, coéditeur du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung [proche des chrétiens-démocrates], d’en vanter les mérites dans son dernier livre, Minimum*. Qu’ils vivent ou non en famille, ils sont NBnombreux à vouloir défendre cette institution. Ces derniers temps, elle a quitté l’étagère poussiéreuse de la peinture de mœurs conservatrice pour devenir la clé d’un avenir meilleur. La coalition au pouvoir [droite-gauche, dirigée par Angela Merkel] en a fait le premier et le plus petit dénominateur commun de sa politique, et même les Verts, à qui l’on a toujours reproché de sacrifier la famille sur l’autel d’un postmatérialisme permissif, se sont entre-temps réconciliés avec l’idée du foyer et des enfants.
Ce glissement officiel de la pensée n’a pas encore eu l’effet escompté, comme le prouvent les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique sur la courbe des naissances. Schirrmacher s’insurge contre ces données avec toute sa verve d’éditorialiste. Comme s’il voulait obliger la tendance à s’inverser sous ses yeux.
Comparée à d’autres relations sociales, comme l’amitié, la famille est source d’un potentiel incomparable en termes de solidité des liens. C’est du moins l’une des affirmations de l’auteur. La famille est la seule cellule sociale dans laquelle on donne sans rien demander en contrepartie. C’est ce désintéressement que Schirrmacher décline sur plusieurs modes. Son exemple le plus marquant est celui de l’expédition des frères Donner, aux Etats-Unis. En 1846, piégés par la neige dans la sierra Nevada, un groupe de pionniers a dû hiverner et lutter pour sa survie dans la montagne pendant plusieurs mois. Pour Schirrmacher, le fait que plus la famille était soudée, mieux elle a survécu au froid, à la maladie, à la faim et à la haine est une preuve de la qualité inébranlable de cette structure sociale originelle.
Le drame de l’expédition Donner est une parabole sur la supériorité de la famille. Schirrmacher établit un parallèle entre l’individualisme galopant de notre époque et le fait que les cow-boys solitaires accompagnant le convoi ont moins bien résisté à cette épreuve. Au XXIe siècle, la cohorte des vachers solitaires s’est multipliée, mais le terrain, lui, est toujours aussi hostile. Plutôt qu’un manque de vivres, c’est aujourd’hui le déficit relationnel familial qui menace. Or ce sont ces relations familiales qui devraient pouvoir accueillir les personnes seules quand la protection sociale s’effrite. Quand les systèmes sociaux et de retraite sont en panne, l’heure de la famille (ou de ce qu’il en reste) en tant que communauté de destin sonne de nouveau.
Rien n’est plus fort que les liens du sang. Evoquant l’incendie d’un hôtel sur l’île de Man en 1973, Schirrmacher nous brosse le tableau de l’abnégation familiale qui, face au danger mortel, fait passer l’inquiétude pour les siens avant sa propre existence. (Que, dans ce cas précis, l’individualisme égoïste de certains célibataires leur ait conféré un avantage décisif ne doit pas venir troubler la démonstration.)
Frank Schirrmacher travaille avec le pinceau grossier des certitudes anthropologiques, entre autres pour contrecarrer les déformations imputées à la famille au cours des dernières décennies au nom d’une sociologie et d’une psychologie critiques. D’où le ton acide qui rend la lecture de son ouvrage fort plaisante, mais démontre aussi que l’auteur peine à argumenter quand il serait bon d’indiquer une issue pour sortir du cercle vicieux de la baisse de la natalité et de la hausse des prestations sociales.
Pour le sociologue Karl-Otto Hondrich, la faillite des politiques d’aide à la natalité en Europe est liée au fossé profond qui sépare la sphère politique de la sphère familiale. A cause de cette séparation, le couple, libéré du souci de sa survie par l’Etat-providence, pourrait se contenter de vivre sa relation amoureuse sans enfants. Cela ne suffit toutefois pas à expliquer de façon concluante pourquoi l’Allemagne est la lanterne rouge pour ce qui est du taux de natalité en Europe, très loin derrière la France ou la Suède, pays également dotés d’Etats-providence.
Ces deux exemples montrent plutôt que le renforcement de la famille tient paradoxalement au développement des structures publiques d’accueil des enfants en bas âge. Cela suppose aussi une intervention accrue de la sphère publique dans la sphère privée, ce qui devrait donner un tour plus politique à cette dernière dans les années à venir. A cela s’oppose le modèle américain d’une famille qui, en raison du manque d’autorité et de soutien de l’Etat, est contrainte de ne compter que sur elle-même et dont les fondations reposent sur l’attachement aux valeurs.
Un modèle qui plaît manifestement plus à Schirrmacher, car il est beaucoup plus proche de son idéal. Pour lui, la famille est grande, solidaire, autarcique et dure toute une vie. Or, aujourd’hui, un véritable gouffre sépare la famille allemande moyenne de cet idéal. Pour le surmonter et sortir de la spirale démographique descendante, Schirrmacher invoque le pouvoir bienfaisant de la nature féminine. A en croire la conclusion de l’éditorialiste, la crise annoncée favorisera le désir d’avoir des filles et placera les femmes au centre de la société grâce à leur capacité de travail et à leur compétence sociale supérieure. Une formulation osée qui, comme Schirrmacher lui-même le reconnaît, n’a guère de nécessité. Pourtant, “il y a des rôles que nous ne choisissons pas, mais qui nous choisissent”. Que dire de plus ?

* Minimum. Vom Vergehen und Neuentstehen unserer Gemeinschaft, éd. Karl Blessing, 2006.
Dieter Rulff
Frankfurter Rundschau

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“Chacun pour soi. Comment le manque d’enfants génère une société d’égoïstes”, titrait en mars dernier le magazine Der Spiegel, sur fond de famille désunie et d’enfant solitaire, triste et frustré. Dans le sillage de Frank Schirrmacher et de son livre Minimum, l’hebdo déplore les ravages du mouvement d’émancipation et de libéralisation des mœurs des années 1968-1970, qui a mené quelque 30 % des femmes de formation supérieure à ne pas procréer.

“L’Allemagne, c’est MOI.” En mai, Der Spiegel revient sur la famille en détournant un slogan du Mondial de football pour l’appliquer à la ministre de la Famille du gouvernement Merkel. “Ursula von der Leyen part en croisade pour les enfants, l’Eglise et la carrière”, indique le magazine, résumant ainsi les grands points de sa politique : l’allocation parentale comme mesure d’incitation à la procréation, la défense de l’activité professionnelle des mères, et l’alliance passée avec les Eglises pour renforcer les valeurs chrétiennes dans l’éducation.
Livres
“Un pays dépeuplé ? Le dilemme allemand”, titre dans son numéro de juin le mensuel littéraire Literaturen. Interloqué par la tournure du débat sur la baisse de la natalité, le magazine passe en revue les nombreux livres parus sur la famille et tente de décrypter les intérêts en jeu. Conclusion : l’absence des pères et les lacunes de la politique de la famille continuent de rendre difficilement compatibles vie professionnelle et vie familiale pour les femmes. Sauf dans les milieux aisés.
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