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 La Cia et le lavage de cerveau!

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Nombre de messages : 375
Date d'inscription : 20/04/2006

MessageSujet: La Cia et le lavage de cerveau!   Dim 21 Jan - 21:50

Citation :
Collaboration MoMA / CIA [modifier]
Il était donc nécessaire de se tourner vers des organismes qui défendraient et feraient la promotion de l’avant-garde comme modèle de la liberté américaine. Une fois de plus, le gouvernement s’est très vite adressé à des organisations indépendantes dont la CIA. C’est d’ailleurs là que réside l’un des paradoxes d’un art qui est l’expression d’une liberté et d’une démocratie, puisque le processus démocratique est lui même annulé par les méthodes mises en place pour sa promotion. Et, « une fois de plus, la CIA se tourna vers le secteur privé pour atteindre ses objectifs. »[5] Elle se tourna en particulier vers le Museum of Modern Art de New York. En effet, aux États-Unis la plupart des musées et des collections d’art sont privés. Il était donc plus intéressant pour les dirigeants américains d’accorder un soutien à ces musées et fondations privées, ces musées et fondations ayant déjà l’habitude de soutenir l’Expressionnisme Abstrait. Au MoMA, on comprenait aussi ce patronage selon des visions politiques. Durant la seconde guerre mondiale, John Hay Whiteney, Président du Trustees Board du Musée, concevait celui-ci comme « une arme pour la défense nationale, pour éduquer, inspirer et élever les cœurs et les volontés de l’homme libre dans la défense de sa propre liberté. »[6]
L’implication du MOMA dans la politique étrangère américaine était importante durant cette période. Durant la guerre, le musée avait signé 38 contrats pour produire des projets culturels d’un total de 1 590 234 dollars. Ces différents contrats avaient été passés avec l'Office of War Information, l'Office of the Coordinator of Inter-American Affairs. Pour ce dernier, le MOMA avait notamment produit « 19 expositions de peinture américaine contemporaine qui furent montrés dans un grand circuit en Amérique Latine (…) » [7]. Le programme international du MOMA produisait ainsi, dans différentes capitales du monde (Londres, Sao Paulo, Paris…), des expositions d’art contemporain américain et, au demeurant, principalement de l’Expressionnisme Abstrait. Le musée, en assumant ainsi un caractère quasi officiel, assumait, de fait, la représentation américaine là ou les autres nations étaient représentées par des supports gouvernementaux aux expositions. L’exemple le plus flagrant, est le refus du Département d’État de prendre la responsabilité du pavillon américain durant les Biennales de Venise entre 1954 et 1962. La gestion de ce pavillon national fut donc confiée au MOMA avec l’argent de la CIA. La collaboration entre les deux organismes se faisait à travers un système dans lequel la CIA finançait des fondations privées, qui, à leur tour, redistribuaient l’argent à des institutions comme le MOMA, sur le conseil de responsables de la CIA. Par exemple, « dans le but de soutenir l’exposition the Youg Painters, de nombreuses donations furent faites au MOMA par la Fondation Fairfield, notamment 2000 $ donnés à son International Council en 1959 afin de fournir des livres d’art moderne aux lecteurs polonais. »[8] Il a été établi, à partir des registres de la Fondation Fairfield, que ces fonds provenaient de la CIA. De la même manière en 1960, ouvrit, au Musée des Arts Décoratifs de Paris, une exposition appelée Antagonisme. Dans cette exposition on retrouvait, entre autres, Sam Francis, Jackson Pollock, Mark Rothko, Mark Tobey…Cette exposition avait été orchestrée par la CIA et présentée en partie à Vienne pour faire contrepoids au festival des jeunesses communistes qui avait lieu l’année précédente [9]. « Cette exposition avait coûté à la CIA 15 365,00 $ mais pour sa version augmentée à Paris »[10], 10 000,00 $ de plus furent injectés par la CIA via la Fondation Hoblitzelle.
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Les responsables du MoMA [modifier]


Régulièrement après la guerre, des responsables de la CIA ou du Bureau des Affaires Inter-Américaines furent transférés au MOMA. Dans son livre Who paid the piper ? The CIA and the cultural cold war, Frances Stonor Saunders montre avec précision comment de nombreux responsables des activités du MOMA et particulièrement des expositions qui montrèrent les expressionnistes abstraits à l’étranger, furent des transferts des diverses administrations américaines où avait évolué Rockefeller. William Burden avait rejoint Rockefeller lorsque celui-ci était Coordinateur des Affaires Inter-Américaines[11]. En 1947, il retourna au MOMA et devint président du musée en 1956.
« Sous la présidence de Burden, la politique d’exposition était mené par (René) d’Harnoncourt (…) qui avait émigré aux États-Unis en 1932 et travaillé, durant la guerre, à la section artistique du Coordinateur des Affaires Inter-Américaines » , en l’occurrence Nelson Rockefeller. « Après la guerre, Nelson avait recruté d’Harnoncourt pour le musée, où il était devenu directeur en 1949. »[12]
« William Paley, actuellement à la Congress Cigar Compagny, était aussi un autre administrateur (trustee) du musée avec des relations étroites dans le milieu des services secrets. Ami personnel d’Allen Dulles, Paley permit à CBS, le réseau qu’il possédait, de servir de couverture à des employés de la CIA, grâce à un arrangement similaire à celui autorisé par Henri Luce dans son empire Time-Life (Luce a aussi été administrateur du MOMA). (...) Ainsi vont les noms, ainsi vont les liens. Par exemple, Joseph Verner Reed était administrateur du MOMA en même temps qu’il était administrateur à la Farfield Foundation. Tout comme Gardner Cowles. Tout comme Julien Fleischmann. Tout comme Cass Canfield. Oveta Culp Hobby, un des membres fondateurs du MOMA, siégea au bureau du Comité pour l’Europe Libre, et permit l’utilisation de sa fondation familiale pour renseigner la CIA. (...) Avant de rejoindre la CIA,Tom (Braden) avait aussi travaillé pour Nelson Rockefeller en tant que secrétaire exécutif du Musée d’art moderne entre 1947 et 1949.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Museum_of_Modern_Art
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