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 Le suicide et les tentatives de suicide

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Date d'inscription : 15/04/2006

MessageSujet: Le suicide et les tentatives de suicide   Dim 16 Avr - 0:16

Le suicide et les tentatives de suicide
Dr Richard Boyer



Suicide

Au cours des trois dernières décennies, le taux de suicide au Québec a plus que triplé passant de 5,0 par 100 000 habitants, en 1960 à 18,0 par 100 000 Québécois, en 1987 (graphique 1). Chez les hommes, ce taux a fait un bond de 370%. Cette augmentation s’est surtout produite au cours des années 1970-1987. Une croissance similaire a été observée chez les femmes (350 %). Par contre, les taux de suicide chez les femmes sont beaucoup moins élevés. Ce graphique nous permet aussi de constater que la distance entre les taux de suicide des hommes et des femmes s’accroît d’année en année. Il n’y a pas de doute, les suicides représentent un problème grave dans notre société.




Graphique 1

Taux de suicide, selon le sexe, chez les personnes âgées de 10 ans
et plus, Québec, 1960-1987







Il est aussi important de connaître d’autres faits sur le suicide et les tentatives de suicide au Québec.

Les régions du Québec ne sont pas touchées de la même façon par le phénomène des suicides. Le graphique 2 présente l’évolution de ce phénomène pour les années 1980-1982 et 1983-1987. Seules les régions de l’Estrie (région 05), de l’Abitibi-Témiscamingue ( région 08 ) et du Montréal métropolitain (région 06) ont été témoins d’une diminution sensible du taux de suicide au cours de ces années. Les progrès faits en Abitibi-Témiscamingue sont remarquables. Il n’en demeure pas moins que cette région est toujours la plus affectée par la mortalité due au suicide.


Graphique 2


Taux de suicide, selon la région Québec, 1960-1987









C’est chez les personnes séparées ou divorcées de même que chez les jeunes de 15 à 30 ans qu’on trouve le plus haut risque de suicide. Le taux le plus bas se trouve chez les gens mariés ayant des enfants.


Une étude du Comité de la santé mentale au Québec montre que, contrairement aux croyances populaires, les suicides ne varient pas en fonction des saisons ou des mois de l’année.


Selon les résultats de l’enquête Santé Québec, par chaque 100 000 Québécois ou Québécoises, 850 disent avoir fait une tentative de suicide au cours de l’année. Cela correspond à plus de 40 000 individus. Selon cette recherche, menée dans l’ensemble de la population du Québec, les hommes font autant de tentatives de suicide que les femmes. Néanmoins, il faut noter que les femmes consultent davantage à l’urgence des hôpitaux suite à une tentative de suicide. Les jeunes de 15 à 24 rapportent plus de tentatives de suicide que les répondants plus agés.


Les comparaisons des taux de décès par suicide en 1987 aux taux de tentative de suicide, établis par l’enquête Santé Québec, suggèrent que le rapport tentatives de suicide-suicides complétés serait d’environ 47/1 pour l’ensemble de la population, de 27/1 pour les hommes et de 120/1 pour les femmes.


Il faut établir clairement que le suicide n’est pas une maladie mentale, mais bien un acte souvent associé à un trouble mental. En effet, la majorité des études scientifiques sur des cas de suicide complétés montrent que la majorité des victimes souffraient d’un trouble mental important.


Il est faux de croire que ceux qui parlent de suicide ne passent pas à l’action. Dans huit cas sur dix, les suicidés avaient exprimé leur intention de poser ce geste.


Vous ignoriez certains de ces faits ? Vous n’êtes pas tout seul. En fait, la population est peu renseignée sur ce sujet. C’est pourquoi une plus grande sensibilisation et une meil-leure information peuvent contribuer à pré-venir de nombreux suicides.



Intervention


Lorsqu’un individu est aux prises avec des idées suicidaires persistantes ou qu’il a déjà tenté de se suicider ; il devient important de lui venir en aide. Les services disponibles sont variés. L’individu peut consulter un professionnel de la santé et ne pas hésiter à lui confier son problème. Il peut s’adresser à son médecin de famille, à un C.L.S.C. ou à l’hôpital de son secteur. Il peut également avoir recours aux services d’écoute téléphonique comme Tel-Aide, les Déprimés Anonymes ou encore aux groupes d’aide aux personnes suicidaires. On retrouve les numéros de téléphone de ces différents groupes dans les premières pages de l’annuaire téléphonique. Il faut garder en tête que lorsqu’on se sent accablé par la vie, il ne faut pas hésiter à faire appel aux gens qui peuvent nous aider à nous en sortir plus facilement et plus rapidement. Plus tôt l’aide professionnelle est apportée, meilleur est le résultat.



Aide aux survivant


Malgré les efforts de prévention, on ne pourra jamais empêcher tous les suicides. Il y aura donc toujours des parents et des amis durement touchés par le geste fatal d’un individu. Il importe donc qu’ils puissent, au besoin, utiliser eux aussi les services offerts aux personnes suicidaires et qu’on les aide à faire face aux perturbations émotionnelles qui les envahissent, comme la honte ou la culpabilité. Des intervenants compétents leur permettront de parler du drame qu’ils viennent de vivre et d’exprimer leurs émotions ; ils leur donneront aussi des directives et des explications, tout en leur procurant le soutien et l’assurance dont ils ont besoin.

La famille et les amis vivent une crise importante lors du suicide d’un proche. Ils doivent traverser cette dure épreuve avec beaucoup de courage, tout en acceptant de laisser derrière eux cette expérience difficile. Ils ont le droit de retrouver leur équilibre et leur optimisme afin de vivre pleinement leur vie.



Prévention


Les mesures de préventions sont de plusieurs ordres. D’une part, elles consistent à sensibiliser les professionnels de la santé aux signes exprimés par les patients suicidaires, à consolider les centres de prévention du suicide qui existent déjà et doter chaque région de groupes de prévention du suicide. Il est aussi essentiel de favoriser les recherches dans le domaine des maladies mentales afin de mieux comprendre et aider les personnes qui veulent en finir avec leurs jours. D’autre part, la prévention s’effectue par l’information donnée au public. En sachant reconnaître les signes précurseurs, l’entourage peut aider plus adéquatement l’individu suicidaire. Voici quelques exemples de ces indices :

Indices verbaux directs : "Je ne peux plus supporter cette situation. Je vais me suicider"

Indices verbaux indirects : "C’est le dernier verre que tu vas me payer"

Indices non verbaux : ils sont multiples et varient d’un individu à l’autre


Changement dans les intérêts de la personne (perte d’intérêt pour le travail et les amis)


Changement de style de vie (autrefois très engagé socialement, l’individu devient solitaire et replié sur lui-même)


Changement dans les habitudes alimentai-res et le sommeil


Changement d’attitudes face à la vie (pessimisme, idées noires, dépression, intérêt inusité pour la mort, culpabilité prononcée)


Changement dans les relations avec les autres (l’individu peut devenir agité, irritable, agressif ou soumis et retiré).



Conclusion


Bien que l’empleur réelle du phénomène

y soit sous-estimée, l’ensemble des données sur le suicide brosse un portrait plutôt sombre. Le Québec connaît une hausse vertigi-neuse du taux de suicide, le problème est important ches les jeunes et les personnes seules, séparées, veuves ou divorcées. Le suicide n’est donc plus le problème de quelques individus trop isolés pour qu’on leur prête temps et attention. Il est maintenant devenu un problème de société.

Ainsi, la question du suicide au Québec réclame une attention très sérieuse. Des moyens d’intervention efficaces doivent être pris rapidement, afin que les Québécois quittent les premiers rangs des détenteurs de ce triste record.



Pensez-y


Le taux de suicide a triplé au cours des trente dernières années. Chez les jeunes, le suicide représente la deuxième cause de mortalité après les accidents de la route.

Le suicide, les tentatives de suicide et les idées suicidaires représentent donc un problème grave dans notre société.

Aidez-nous à sensibiliser davantage la population à ce sujet et à lui donner une meilleure information sur les signes précurseurs.

http://www.ampq.org/ipages/02.htm
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MessageSujet: Re: Le suicide et les tentatives de suicide   Mar 19 Sep - 22:16



Suicides sous influences
propos recueillis par Delphine Saubaber
12/01/2006
Citation :
Bien sûr, il s'agit d'un acte individuel. Mais des facteurs sociologiques, des conditions de vie en éclairent aussi la portée. C'est tout l'intérêt de l'étude à l'échelle mondiale et sur deux siècles que publient au Seuil Christian Baudelot et Roger Establet. Ils la commentent en exclusivité pour L'Express.

Un jour, un être décide de rompre avec la vie. Et voue ses proches à ruminer désespérément cette question: «Pourquoi?» Contre-nature, trop intime, un suicide reste toujours une énigme. Pourtant, un tel acte répond aussi à des lois, à des forces sociales plus générales que, depuis Emile Durkheim - auteur d'un traité fondateur sur le sujet en 1897 - les sociologues se sont employés à décrypter. En particulier en France, qui se distingue par son taux élevé de suicides: 11 000 chaque année. Certains âges, certaines catégories socio-professionnelles, certains lieux de vie sont plus soumis que d'autres à la tentation du suicide. Pour la première fois, deux sociologues, Christian Baudelot et Roger Establet, ont fait la synthèse des connaissances mondiales sur la question, sur deux siècles. Publiées le 12 janvier sous le titre Suicide, l'envers de notre monde (Seuil), leurs conclusions bousculent pas mal d'idées reçues.

On est d'abord frappé, en vous lisant, par l'épidémie de suicides des jeunes, à travers le monde…
Le suicide des jeunes ne cesse d'augmenter dans la majorité des pays de l'OCDE, depuis les années 1970. C'est un terrible constat… Au XIXe siècle - on ne dispose pas de statistiques antérieures à 1830 - les jeunes se suicidaient très peu et les personnes âgées bien plus. Cette tendance s'est inversée à partir des chocs pétroliers: le taux de suicide des aînés a diminué, tandis que celui des jeunes croît, et dans des proportions souvent considérables. Ils sont les plus touchés par les nouvelles formes d'emploi précaire, le chômage, l'âpreté de la compétition, l'absence de perspective d'avenir, apparus après la crise. Seuls l'Allemagne et le Japon - accusé, à tort, d'être hyper- suicidogène - sont épargnés car ils favorisent, plus que les autres pays, l'insertion professionnelle des jeunes - même si le modèle japonais se lézarde depuis 1995, provoquant une reprise du suicide à tous les âges. Mais ces différences entre pays montrent que le suicide des jeunes n'est pas une fatalité…



En deux siècles, dites-vous, le «régime» du suicide s'est radicalement modifié. Depuis Durkheim, qui affirmait que plus les sociétés s'enrichissaient, plus on s'y suicidait, tout a changé.
Il avait raison de dire que le suicide est un phénomène social, variant selon l'âge, le sexe… Il s'est trompé quand il a projeté sur le XXe siècle cette prophétie élaborée en 1897, année de l'apogée du suicide en France. La société s'enrichissait, l'individualisme progressait. Et le suicide augmentait en Europe, frappant surtout les classes favorisées. Pour Durkheim, il était logique de penser que l'enrichissement générait anomie, perte de repères, oisiveté, angoisse existentielle… D'autant que le suicide était à son maximum dans les régions en forte croissance, comme le Bassin parisien et la jungle des grandes villes. Le niveau de vie augmentant, on pouvait s'attendre à ce que le phénomène se poursuive… Or, dès 1910, le suicide recule, dans la plupart des pays européens. Avant de reprendre dans les années 1970, avec le ralentissement de la croissance. En France, il atteint un pic en 1987. Entre 1901 et 2001, le taux annuel de suicide est passé chez nous de 22,6 pour 100 000 habitants à 17,6. Son déclin relatif au XXe siècle contredit la vision catastrophiste de Durkheim.

Pourtant, c'est bien dans les pays les plus riches qu'on se suicide le plus…
C'est vrai. Les plus pauvres, tels l'Egypte, le Pérou ou la Chine, ont les taux les plus bas. A contrario, dans des pays au niveau de vie élevé comme la Nouvelle-Zélande, le Canada, l'Allemagne ou la France, on se suicide beaucoup… Sauf que le suicide n'y est plus une affaire de riches, comme au XIXe, mais de pauvres. Ce n'est plus dans les grandes villes qu'on se donne la mort mais dans les campagnes déshéritées, désertifiées: pour la France, dans les départements ruraux de l'Ouest, en particulier la Bretagne. Et le suicide connaît ses taux les plus bas dans les métropoles, à Paris, Londres, New York… Là où le confort est le meilleur. L'urbanisation a engendré de nouvelles formes de sociabilité.

Le suicide frappe d'abord les employés, les ouvriers, les chômeurs.
En effet. Et il se trouve qu'il s'agit de catégories sociales dont l'espérance de vie est déjà la plus faible car elles sont soumises à des conditions de travail et de logement difficiles. Elles sont touchées par les maladies cardio-vasculaires et les cancers - des maladies dont les courbes suivent celles du suicide, qui est donc devenu un révélateur du profond clivage qui sépare le haut du bas de l'échelle sociale...



Pourquoi le suicide au XXe siècle concerne-t-il les pauvres, et non plus les riches, comme au XIXe?
D'abord parce que les classes nanties sont plus intégrées, donc plus protégées, que les milieux défavorisés: des études de l'Ined sur la sociabilité l'ont montré. Plus vous gravissez l'échelle sociale, plus vous avez d'amis, de relations, et moins vous vous suicidez. Et inversement quand vous descendez. Ce n'était pas le cas à l'époque de Durkheim, qui pouvait dire «la misère protège» en se référant à la «pauvreté intégrée» de son temps, celle des pays pauvres où tout le monde l'est, où l'on se serre les coudes dans la communauté... Cette misère-là n'a rien à voir avec celle, stigmatisante, qui s'est développée dans les années 1970 avec la montée du chômage: devenir pauvre dans un pays riche engendre bien plus de souffrance qu'être pauvre dans un pays pauvre. La pauvreté est alors vécue comme une chute, un déclassement. Et c'est justement à partir des années 1970 que le suicide reprend.

Pourquoi, partout, les femmes se suicident-elles quatre fois moins que les hommes? La suite Arrow



On India’s Farms, a Plague of Suicide
By SOMINI SENGUPTA
September 19, 2006
Citation :

Kausalya Shende standing in the field where her brother’s cotton crop failed three times this year — twice for lack of rain
and once from flooding.


BHADUMARI, India — Here in the center of India, on a gray Wednesday morning, a cotton farmer swallowed a bottle of pesticide and fell dead at the threshold of his small mud house. The farmer, Anil Kondba Shende, 31, left behind a wife and two small sons, debts that his family knew about only vaguely and a soggy, ruined 3.5-acre patch of cotton plants that had been his only source of income. Whether it was debt, shame or some other privation that drove Mr. Shende to kill himself rests with him alone. But his death was by no means an isolated one, and in it lay an alarming reminder of the crisis facing the Indian farmer.


Villagers in Bhadumari gathered in the house of Anil Kondba Shende and looked at his body as the local police investigated his suicide.

Across the country in desperate pockets like this one, 17,107 farmers committed suicide in 2003, the most recent year for which government figures are available. Anecdotal reports suggest that the high rates are continuing. Though the crisis has been building for years, it presents an increasingly thorny political challenge for Prime Minister Manmohan Singh. High suicide rates and rural despair helped topple the previous government two years ago and put Mr. Singh in power.

Changes brought on by 15 years of economic reforms have opened Indian farmers to global competition and given them access to expensive and promising biotechnology, but not necessarily opened the way to higher prices, bank loans, irrigation or insurance against pests and rain. Mr. Singh’s government, which has otherwise emerged as a strong ally of America, has become one of the loudest critics in the developing world of Washington’s $18 billion a year in subsidies to its own farmers, which have helped drive down the price of cotton for farmers like Mr. Shende. At the same time, frustration is building in India with American multinational companies peddling costly, genetically modified seeds. They have made deep inroads in rural India — a vast and alluring market — bringing new opportunities but also new risks as Indian farmers pile up debt. In this central Indian cotton-growing area, known as Vidarbha, the unofficial death toll from suicides, compiled by a local advocacy group and impossible to verify, was 767 in a 14-month period that ended in late August.

“The suicides are an extreme manifestation of some deep-seated problems which are now plaguing our agriculture,” said M. S. Swaminathan, the geneticist who was the scientific leader of India’s Green Revolution 40 years ago and is now chairman of the National Commission on Farmers. “They are climatic. They are economic. They are social.” India’s economy may be soaring, but agriculture remains its Achilles’ heel, the source of livelihood for hundreds of millions of people but a fraction of the nation’s total economy and a symbol of its abiding difficulties. In what some see as an ominous trend, food production, once India’s great pride, has failed to keep pace with the nation’s population growth in the last decade. The cries of Indian farmers — or what Prime Minister Singh recently described as their “acute distress” — can hardly be neglected by the leaders of a country where two-thirds of people still live in the countryside.

Mr. Singh’s government has responded to the current crisis by promptly expanding rural credit and promising investments in rural infrastructure. It has also offered several quick fixes, including a $156 million package to rescue “suicide prone” districts across the country and a promise to expand rural credit, waive interest on existing bank loans and curb usurious informal moneylenders. But pressure is building to do more. Many, including Mr. Swaminathan, the agricultural scientist, would like to see the government help farmers survive during crop failures or years of low world prices. Subsidies, once a linchpin of Indian economic policy, have dried up for virtually everyone but the producers of staple food grains. Indian farmers now must compete or go under. To compete, many have turned to high-cost seeds, fertilizers and pesticides, which now line the shelves of even the tiniest village shops. Monsanto, for instance, invented the genetically modified seeds that Mr. Shende planted, known as Bt cotton, which are resistant to bollworm infestation, the cotton farmer’s prime enemy. It says the seeds can reduce the use of pesticides by 25 percent. The company has more than doubled its sales of Bt cotton here in the last year, but the expansion has been contentious. This year, a legal challenge from the government of the state of Andhra Pradesh forced Monsanto to slash the royalty it collected from the sale of its patented seeds in India. The company has appealed to the Indian Supreme Court. The modified seeds can cost nearly twice as much as ordinary ones, and they have nudged many farmers toward taking on ever larger loans, often from moneylenders charging exorbitant interest rates. Virtually every cotton farmer in these parts, for instance, needs the assistance of someone like Chandrakant Agarwal, a veteran moneylender who charges 5 percent interest a month. He collects his dues at harvest time, but exacts an extra premium, compelling farmers to sell their cotton to him at a price lower than it fetches on the market, pocketing the profit. His collateral policy is nothing if not inventive. The borrower signs a blank official document that gives Mr. Agarwal the right to collect the farmer’s property at any time. Business has boomed with the arrival of high-cost seeds and pesticides. “Many moneylenders have made a whole lot of money,” Mr. Agarwal said. “Farmers, many of them, are ruined.”

Indeed, one or two crop failures, an unexpected health expense or the marriage of a daughter have become that much more perilous in a livelihood where the risks are already high. A government survey released last year found that 40 percent of farmers said they would abandon agriculture if they could. The study also found that farming represented less than half the income of farmer households. Barely 4 percent of all farmers insure their crops. Nearly 60 percent of Indian agriculture still depends entirely on the rains, as in Mr. Shende’s case. This year, waiting for a tardy monsoon, Mr. Shende sowed his fields three times with the genetically modified seeds made by Monsanto. Two batches of seed went to waste because the monsoon was late. When the rains finally arrived, they came down so hard that they flooded Mr. Shende’s low-lying field and destroyed his third and final batch.

Mr. Shende shouldered at least four debts at the time of his death: one from a bank, two procured on his behalf by his sisters and one from a local moneylender. The night before his suicide, he borrowed one last time. From a fellow villager, he took the equivalent of $9, roughly the cost of a one-liter bottle of pesticide, which he used to take his life.

Those like him with small holdings are particularly vulnerable. A study by Srijit Mishra, a professor at the Mumbai-based Indira Gandhi Institute of Development Research, found that more than half of the suicides in this part of the country were among farmers with less than five acres of land. But even those who are prosperous by local standards are not immune. Manoj Chandurkar, 36, has 72 acres of cotton with genetically modified seeds and sorghum in a neighboring village called Waifad. Every year is a gamble, he said. Each time, he takes out a loan, then another and then prays that the bollworms will stay away and the rains will be good. On his shoulders today sit three loans, bringing his total debt to $10,000, a vast sum here.

The study by Mr. Mishra found that 86.5 percent of farmers who took their own lives were indebted — their average debt was about $835 — and 40 percent had suffered a crop failure. The news of Mr. Shende’s death brought his wife, Vandana, back home to Bhadumari. Relatives said she had gone to tend to her sick brother in a nearby village. By the time she arrived, her husband’s body was covered by a thin checkered cloth. A policeman had recorded the death — the eighth in six months for the officer. Ms. Shende, squatting in the narrow village lane, shrouded her face in her cheap blue sari and wailed at the top of her lungs. “Your father is dead,” she screamed at her small son, who stood before her, dazed.
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MessageSujet: Re: Le suicide et les tentatives de suicide   Lun 27 Nov - 18:25



Suicides en masse de fermiers indiens: ce qui se profile à l’horizon
par Arun Shrivastava
Le 14 novembre 2006
Citation :
La vérité émerge lentement. Un rapport du Ministère (indien) de l'Intérieur sur les morts par suicide, indique que, jusqu'à 2003, environ 100 000 fermiers se sont suicidés en six ans en Inde. Le 18 mai 2006, Sharad Pawar, le ministre indien de l'Agriculture a présenté les données à la Chambre Haute (Rajya Sabha), en ajoutant que les enquêtes des gouvernements des États (de l’Union indienne) sur le désarroi agraire démontrent que la principale « cause de suicide est l'endettement». Grâce à l'ingéniosité des statistiques déshumanisées, le ravage total de 100.000 familles de fermiers morts, avec des femmes, des enfants et des anciens, a été tranquillement balayé sous le tapis épais et moelleux du Parlement indien.

L'Inde, avec sa pluviométrie suffisante, son climat chaud, son immense diversité biologique, et ses excellentes pratiques agricoles traditionnelles, n'a aucune raison d'affronter une crise agraire et, étant donné la générosité de la nature, ses fermiers n'ont aucune raison de se suicider. Cet article traite de la manière dont le règne d'une compagnie britannique et de ses boucaniers a entamé en 1760 un processus qui continue à ce jour, ravageant les fermiers du sous-continent, et comment les fermiers indépendants sont en tous lieux de la terre menacés d'extinction.

Les fermiers indiens avant le «régime de la compagnie»

Au début du 19ème siècle un paysan indien moyen gagnait sensiblement plus que son homologue britannique, et il n'y avait aucune différence alimentaire importante entre un paysan et un riche propriétaire indien. Plus révélateur, la tradition voulait que nourrir les étrangers passe en premier, y compris des mendiants, avant la famille attablée pour manger. Les riches ménages ne vendaient pas de lait ni de produits laitiers ; ils étaient distribués librement au sein de la communauté, une pratique qui continua jusqu'aux années 1960 dans beaucoup de régions. La destruction de l'agriculture indienne et la misère de ses fermiers est l'histoire de la cupidité d'une compagnie et de la nature absolument impitoyable d'un petit groupe d'individus en Europe et aux USA qui n'apprécient pas les êtres humains : blancs, bruns, jaunes, ou noirs. Plus vite nous réaliserons cela et prendrons des mesures efficaces, mieux ce sera pour nous et les fermiers.

La genèse de du malheur agraire

La désolation agraire commence avec la colonisation de l'Est de l'Inde par une compagnie britannique, la East India Company, vers 1760, avec son système d'impôt foncier exorbitant, qui a forcé les fermiers à accroître l'agriculture de rente (surtout l'indigotier et le coton) sur les meilleures terres, sans payer à leur juste prix les productions. Ils ont systématiquement détruit un système agricole viable, qui nourrissait des millions de gens depuis plus de 6000 ans, et ils ont introduit ensuite des prêteurs sur gages et des extorqueurs de loyers exorbitants pour piéger les fermiers dans la dette. La suite Arrow
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