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 Hypersexualisation... des garçons !!!

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Nombre de messages : 190
Date d'inscription : 15/04/2006

MessageSujet: Hypersexualisation... des garçons !!!   Dim 23 Avr - 17:50

Le dimanche 23 avril 2006


«Chez les gars, le sexe est vraiment banalisé», convient un adolescent. «Non seulement c'est banalisé, en ajoute un autre, mais c'est glorifié. Si tu as baisé 10 filles, on va te trouver cool.»


ENTRE HÉSITATION...ET OVERDOSE

La sexualité des adolescents

Katia Gagnon

La Presse


En cinq ans de vie sexuelle, Ati, un jeune de 17 ans d'origine cambodgienne, a eu 38 petites amies. Sans compter, bien sûr, les conquêtes et autres fuck friends épisodiques. «Je n'ai jamais passé une semaine sans avoir une fille», résume-t-il. Son initiation sexuelle s'est faite au sein d'une bande d'amis. Un soir, la blonde de l'un d'eux a accepté de coucher avec les 15 gars du groupe. L'un après l'autre, ils ont «passé dessus» raconte Ati. «Pas chanceux, j'étais le quinzième», raconte-t-il en riant, assurant que la fille était tout à fait consentante.

Nous sommes dans une école secondaire ordinaire de Montréal, dans une classe d'éthique ordinaire. Aujourd'hui, cinq garçons de cinquième secondaire, dont Ati fait partie, ont évité un questionnaire sur Socrate et Platon en acceptant plutôt d'aborder, avec une journaliste, le sujet délicat de leur sexualité.

Des cinq gars, Ati est de loin le plus audacieux en matière sexuelle. Sabbagh, d'origine algérienne, parle peu, mais il est manifestement un consommateur aguerri de porno et collectionne les fuck friends. Victor et Robert, eux, ont un look d'artistes, rêvent au grand amour et sortent depuis plusieurs mois avec la même fille. Michaël, qui a tout du petit gars sportif, partage au fond l'opinion de Victor et Robert mais semble attiré comme un aimant par les deux autres garçons. Un bon échantillon de la diversité adolescente, quoi.

Mais quelle que soit leur opinion personnelle, ils sont tous d'accord pour dire qu'une certaine proportion de gars partagent le mode de vie d'Ati et Sabbagh. «Chez les gars, le sexe est vraiment banalisé», convient Victor. «Non seulement c'est banalisé, ajoute Robert, mais c'est glorifié. Si tu as baisé 10 filles, on va te trouver cool.»

Se montrer à la hauteur

«Les garçons sont les grands oubliés du débat sur l'hypersexualisation des filles. Il faut se demander: qui donc tentent-elles de séduire ainsi?» dit Candy Carrier, sexologue auprès des jeunes. «Ça met une pression énorme sur les garçons. Ils ont l'impression qu'ils doivent être à la hauteur de ce message sexualisé.»

Les gars ont donc, eux aussi, commencé à se préoccuper de leur apparence. Idéalement, le prototype du beau gars est grand et musclé. Il est sportif, pratique des disciplines cool, comme la planche à roulettes ou à neige. Il n'est pas trop souvent malade, un signe de faiblesse. Ni trop bon à l'école, ça fait fille. Aussi, le beau gars s'épile soigneusement l'entrejambe. Il exige d'ailleurs la même chose de sa partenaire. Et surtout, surtout, le beau gars a une vie sexuelle active.

Trois sous-groupes

Ça, c'est le prototype. Dans la réalité, placé devant la fille de son âge qui s'habille sexy et semble très libérée, le vrai ado peut avoir plusieurs types de réactions. Marie-Andrée Bossé, sexologue, s'est intéressée de près à la sexualité des garçons pour mettre sur pied un programme d'éducation sexuelle qui leur serait destiné. Elle estime qu'on peut diviser les ados en trois sous-groupes. Une minorité de garçons, comme Ati et Sabbagh, collectionnent les partenaires sexuelles. Une autre minorité de gars sont, à l'inverse, très critiques devant cet étalage.

Enfin, la majorité des garçons sont plutôt hésitants. «Ils se font faire des pipes parce que c'est hot de se faire piper par unetelle. Mais ce n'est pas avec ce genre de fille qu'ils veulent sortir. Ils veulent une fille sérieuse, naturelle, qui ne couche pas avec n'importe qui», explique Mme Bossé. Dans le cas de cette majorité ambivalente, la pression des pairs peut cependant jouer de mauvais tours. «Un gars qui dit: j'ai essayé avec deux filles en même temps et je n'ai pas aimé ça, s'il arrête, tout va bien. Mais s'il continue parce que c'est cool, là, il y a un problème», dit Candy Carrier.

La pression de la porno

Et dans le monde d'aujourd'hui, les pairs et les petites amies ne sont plus la seule source de pression pour les gars. D'un simple clic, ils ont accès aux plus belles performances des acteurs de porno. Ati, un crack de l'informatique, s'est trouvé un emploi de technicien pour un site porno. Sabbagh a plusieurs fichiers de photos explicites dans son ordinateur, qu'il consulte régulièrement.

Une étude réalisée en Californie à la fin des années 90, avec un échantillon considérable, montrait que 83 % des garçons du secondaire avaient vu des films pornographiques au cours de l'année précédente. Le tiers des garçons interrogés en visionnaient au moins une fois par mois.

Bien sûr, la pornographie a, de tout temps, fait partie de l'initiation sexuelle des ados. Une fois satisfaite leur curiosité initiale, la majorité des gars passe d'ailleurs à autre chose. Et certains d'entre eux n'apprécient pas du tout ces images crues. «Moi, ça me dégoûte», lancera Victor lors de notre discussion.

Mais d'autres garçons consomment ces images à un rythme inédit, disent les sexologues. «Certains gars en viennent à penser que le modèle sexuel conventionnel, c'est celui de la porno, et que les femmes aiment ça», dit la sexologue Jocelyne Robert.

Une véritable compulsion

Et la porno pousse ces jeunes à accélérer leur exploration normale de la sexualité. Plusieurs se livrent aujourd'hui à des pratiques sexuelles inspirées de films pornos hard. Le bukkaki, par exemple, un terme japonais qui signifie «douche de sperme». La fille, allongée par terre, est arrosée au visage par son ou ses partenaires. De même, les relations anales-buccales sont devenues beaucoup plus fréquentes qu'auparavant, témoigne Jocelyne Robert.

Et chez certains d'entre eux, la porno engendre une véritable dépendance. «Ils ne sont plus fonctionnels sexuellement sans porno. Ils disent: ma blonde est belle, je l'aime, mais je ne bande pas si je ne vais pas dans du hard.»

Le témoignage de la sexologue québécoise rejoint celui d'autres experts internationaux. Dans Pornified, un ouvrage tout récent de la journaliste américaine Pamela Paul qui porte sur l'impact social de la pornographie, plusieurs psychologues témoignent voir en consultation de plus en plus de garçons de 14 et 15 ans qui souffrent de compulsion sexuelle. En Irlande, un programme de traitement vient d'être conçu par la DPJ locale pour ces ados accros de la porno. Le psychanalyste français Gérard Bonnet compare, dans un récent ouvrage, ces jeunes à des toxicomanes, toujours à la recherche de drogues de plus en plus dures.

Chez nous, Candy Carrier a travaillé au Centre d'intervention en délinquance sexuelle, à Laval. On y reçoit, chaque année, une quinzaine d'adolescents affligés de désordres sexuels graves, agresseurs ou pédophiles. Mme Carrier y a constaté que pour une catégorie de garçons souvent très solitaires, Internet peut devenir un lieu d'échange social et sexuel intense. «Un jeune que j'ai eu en consultation, qui n'avait pratiquement pas d'amis dans la vraie vie, était devenu très populaire sur son forum de discussion parce qu'il échangeait des photos pornos de plus en plus osées», raconte-t-elle.

Une sexualité en évolution

Bien sûr, l'immense majorité des jeunes n'auront pas ces problèmes. Mais comment leur sexualité, éveillée précocement et brutalement, évoluera-t-elle au fil des ans? C'est la question à 100 000 $ pour les sexologues.

«J'ai dans ma clientèle des femmes au début de la vingtaine qui me consultent parce qu'elles trouvent que leur conjoint a des demandes sexuelles pas mal exigeantes», raconte Mme Carrier. Certains jeunes, au contraire, semblent faire une overdose de cette sexualité extrême. «Ils prennent un temps d'arrêt et repartent sur de nouvelles bases», dit Marie-Andrée Bossé.

À la fin de notre entretien, Ati avouera justement qu'il tente de changer. Depuis quelques mois, il n'a plus de relations sexuelles. «J'espère tomber en amour un jour. Il y a bien des gars qui sont jaloux de moi parce que j'ai beaucoup de filles. Mais moi, je suis un peu jaloux de certains d'entre eux. Parce qu'ils ont vraiment l'air d'aimer leur blonde.»

http://www.cyberpresse.ca/article/20060423/CPACTUEL/604230477/1015/CPACTUEL&ms=1145828577000
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